Le groupe du Diocèse Fréjus-Toulon qui est parti aux JMJ 2008 à Sydney était composé de 37 personnes. Elles
venaient de diverses paroisses du Var : Hyères, La Garde, St Raphaël, Toulon (St Joseph du Pont du Las et Sacré Cœur des routes) ainsi que de la paroisse de Draguignan qui formait la
majorité du groupe avec une vingtaine de personnes. Le groupe avait deux prêtres qui les accompagnaient : le père Benoit Moradei, responsable de la pastorale des jeunes et le père Gilles Guenerie aumônier des jeunes de Draguignan. L’âge des participants étaient très étendu allant de 15
à 50 ans.
Nous sommes partis de Toulon le soir du mercredi 9 juillet après la messe et la bénédiction d’envoi. Après une nuit difficile dans le train, nous nous sommes envolés pour l’Australie. Le voyage a été très long : plus d’une vingtaine d’heures en tout. C’était pour certains la première fois qu’ils prenaient l’avion voire même qu’ils sortaient de France ! Nous étions tous très excités à l’idée de partir à l’autre bout du monde pour rencontrer des milliers d’autres jeunes catholiques comme nous, d’aller à la rencontre du Pape et de recevoir « la force de l’Esprit Saint ». Nous avons dès lord commencé notre pèlerinage : nous avons quitté nos parents, nos amis, notre confort pour aller à l’aventure, ignorant où nous serions logés et comment. Cependant, nous savions pourquoi nous y allions.
Après ce long voyage, nous avons été accueillis à Melbourne dans une école catholique dès notre arrivée, le vendredi soir. Nous avons pu constater combien les Australiens étaient des personnes accueillantes et chaleureuses. Entièrement à notre disposition, ils nous avaient préparé de quoi manger, de quoi boire et un lieu pour nous laver et nous reposer. Nous étions tous dans un gymnase où il y avait aussi un petit groupe d’italiennes. Un de nos plus grands réconforts du moment était bien la douche chaude que nous attendions depuis presque trois jours. Avant de nous coucher, nous sommes allés dans la chapelle de l’école où nous avons pu prier pour la première fois tous ensembles sur le sol australien.
Le lendemain, André, un australien de la paroisse qui allait nous accueillir le jour même est venu nous expliquer ce que nous allions faire durant notre bref séjour à Melbourne. Nous avons été logés pour le week-end dans des familles d’accueil. Toutes ces familles étaient adorables et ont tout fait pour nous faire découvrir leur culture. Certains ont eu le droit à des cadeaux, d’autres ont pu visiter la ville avec elles… Beaucoup ont même pu assister à un match de football australien qui en fin de compte est un mélange de rugby, de football, de handball et de football américain ! C’était très plaisant ! Nous avons aussi partagé la messe dominicale avec ces paroissiens justement ainsi que les jeunes des diocèses de Gap, d’Aix-Marseille et d’Avignon. Cette messe était dans les deux langues et nous avons pu remarquer que même si certaines habitudes liturgiques sont différentes, le fond est évidemment le même et que nous croyons tous en un seul et même Dieu.
Le lundi, nous avons quitté Melbourne par car en direction de Sydney. Notre voyage a été très long puisqu’il correspond à la distance entre Marseille et Lilles ! Toutefois, l’organisation australienne était telle que nous trouvions à chaque pause de quoi manger, boire et de vraies toilettes ! Nous sommes arrivés le soir à Sydney, vers minuit à l’école qui nous recevait. Un tel voyage ne pouvant pas être sans surprise, nos bagages pris à part par les organisateurs n’étaient pas arrivés et n’arriveraient pas avant le lendemain ! Nous avons donc passé une nuit très difficile sans sac de couchage, sans tapis de sol et pour les filles, sans chauffage !
Puis, tout s’est enchainé très vite. La messe d’ouverture des JMJ a eu lieu avec des centaines de milliers de jeunes. Nous nous sommes amusés à prendre des photos avec des jeunes de toutes nationalités pendant l’après midi. Il y avait beaucoup de joie et de sourires partagés. Les jeunes criaient des « Benedetto », des « Viva el papa » ou encore des « receive the power ! ». Tous unis pour le Christ. La messe a été très émouvante. Personnellement, c’est celle qui m’a le plus bouleversée. La cérémonie était merveilleuse avec des rites des cultures du pacifique, et un message de la part de l’Archevêque de Sydney très fort et émouvant. Nous devions nous impliquer à fond dans ces JMJ, ne pas hésiter à faire du Christ et de l’Esprit le centre de ce pèlerinage même si la destination nous faisait nous évader.
Le lendemain, mercredi, nous avons eu notre première catéchèse donnée par un évêque français sur le thème de l’Esprit Saint évidemment. Même si certains d’entre nous se sont laissés bercer par la voix du prêtre, il n’en demeure pas moins que ce qu’il disait en a touché plus d’un. Les trois catéchèses auxquelles nous avons assistées étaient intéressantes et enrichissantes. Nous pouvions poser toutes les questions que nous voulions, nous pouvions recevoir le sacrement du pardon en parallèle et enfin ces moments étaient toujours précédés de moments de louanges qui nous permettaient à la fois de nous réveiller, et de nous mettre en condition ! Ce jour là, l’après-midi, nous sommes allés visiter la cathédrale Ste Mary. Même si nous avons du patienter de longs moments avant de pouvoir entrer, cela en valait la peine. La cathédrale est très jolie. De plus, le Pape avait dit que les pèlerins des JMJ qui allaient prier dans cette cathédrale, recevraient l’indulgence plénière (en priant aussi pour le pape et ses intentions et en recevant le sacrement de l’eucharistie et de la réconciliation). Enfin, nous avons pu nous recueillir devant les reliques du Bienheureux Pier Giorgio Frassati amenées pour l’occasion à Sydney.
Le jour suivant (jeudi 17 juillet), nous avons accueillis le pape avec les centaines de milliers de pèlerins présents. Nous avons eu la chance d’être placés tout devant, en face du podium et nous avons donc pu voir le saint père directement. C’était encore un moment très fort d’émotions : tant de joie de voir le souverain pontife dans la foule et un message d’accueil qui nous a particulièrement touché, d’autant plus que Benoit XVI parle très bien le Français ! Pour beaucoup, c’était la première qu’ils voyaient le Pape autrement que derrière un poste de télévision. On pouvait lire sur leurs visages de l’émerveillement et toujours de la joie. Même si nous n’adorons pas le Pape, il est quand même un personnage important de notre Eglise. Successeur de St Pierre, il est là pour nous guider. Non pas comme un gourou de n’importe quelle secte. Il nous aide à vivre avec le Christ, nous conseille mais nous laisse toujours libre comme le Christ lui-même.
Puis, le vendredi était dédié au chemin de croix. Après la catéchèse donnée par le Cardinal français André Vingt Trois (ancien archevêque de Paris), nous nous sommes dirigés vers Barangaroo, le lieu de la messe d’ouverture et de l’accueil du Pape. La passion du Christ avait été mise en scène par les australiens. Plutôt que de nous faire bouger, ce qui aurait été très difficile vu le nombre, nous étions répartis sur plusieurs sites de la ville. Ainsi, la première station partait de l’Opéra de Sydney pour arriver là où nous étions (Darling Harbour) pour la crucifixion. Après cela et après le repas, un concert de groupes catholiques a eu lieu. Un grand moment de détente, de convivialité où les groupes se mélangeaient pour danser et chanter !
Enfin, est venu le moment tant attendu : le samedi. Nous avons décidé d’être de réels pèlerins en marche vers notre but. Cependant, notre groupe connaissant quelques difficultés physiques, nous nous sommes partagés en deux groupes avec des distances différentes mais la démarche de foi était la même. Un vrai pèlerinage, avec des pauses pour prier le Saint-Esprit afin qu’il nous envoie ses sept dons : force, intelligence, science, conseil, piété, crainte et sagesse. Nous sommes arrivés à Randwick, le lieu du rassemblement au cours de l’après-midi. Après installation, nous avons pu découvrir et nous recueillir dans les chapelles d’adoration spécialement mises en place. C’était aussi très émouvant "d’entendre" le silence dans ces chapelles alors qu’à l’exterieur, quelques mètres plus loin, tout le monde chantait, criait et qu’il y avait des animations sur la scène. On pouvait sentir et ressentir un immense respect, beaucoup d’admiration et comme je l’ai déjà dit, de recueillement. Les gens parfois n’osaient pas entrer et restaient sur le pas de la porte et cela était aussi très touchant. La veillée avec le pape fut très intense. Des centaines de milliers de jeunes agenouillés pour l’adoration, silencieux lors de la "catéchèse" du pape, émerveillés d’être là, ou tout simplement joyeux et accueillants. Le pape en a touché plus d’un, le Saint Esprit a soufflé sur nous lors de cette soirée et personne n’en sera sorti indifférent. Certains de ses mots résonnent encore : « Laissez-vous inspirer par l’exemple de vos saints patrons ! Accueillez en vous les sept dons de l’Esprit Saint ! Reconnaissez et croyez à la puissance de l’Esprit Saint dans votre vie ! »
La nuit fut plutôt froide mais surtout très animée par des jeunes qui ont fait la fête presque toute la nuit en chantant, dansant et circulant à travers les allées et les pèlerins endormis essayant de garder des forces pour le lendemain. Ce jour là, la messe avec Benoit XVI est venue clôturer ces quatre jours exceptionnels. Durant cette messe, certains ont eu la joie et le privilège d’être confirmer par le Saint Père. Encore une image forte de voir ces jeunes adultes pour la plupart venus de différents pays ou de différentes régions d’Australie pour recevoir ce sacrement. Une autre preuve de l’union de tous les catholiques du monde. Le message transmis pendant la messe était encore une fois très riche. Il y eut d’abord des excuses de la part de l’Eglise pour les crimes et abus commis par celle-ci ou ses représentants notamment en Australie. Il faut savoir qu’il y avait des dizaines de personnes qui protestaient contre l’Eglise et ses prêtres pour des abus sexuels sur des enfants. On ne les a cependant pas beaucoup entendus (pour ma part pas du tout, j’ai juste lu cela dans les journaux) et il n’y a pas eu d’incident à ce propos. Le message plus directement adressé aux jeunes, celui d’être des témoins du Christ malgré les difficultés, malgré une société devenant toujours plus basée sur le virtuel, la rapidité et l’abondance et même parfois dans une société plutôt anticléricale a été entendu. L’Esprit-Saint que nous recevons avec ses dons, même si nous ne pouvons le voir, nous le reconnaîtrons a travers des signes aussi nombreux qu’il y a d’individus. Nous avons été envoyés, nous, les jeunes « amoureux du Christ » à l’annoncer à travers le monde. Nous sommes tous des missionnaires, chacun à notre façon.
Personnellement, j’ai vécu ces JMJ d’une manière toute différente que les précédentes à Cologne. Peut être, est-ce que j’ai grandi entre temps (de 16 à 19 ans, la différence peut-être flagrante) mais j’ai vraiment été touchée et c’était pour moi comme "un retour aux sources". La joie sur les visages de tant de jeunes, des mots bien choisis durant les catéchèses. Tout ce qu’il me fallait pour revenir transformée de ces JMJ : heureuse et souriante et essayant de prendre davantage sur soi pour ne partager que le meilleur. Est-ce déjà l’action du Saint-Esprit ?
Mais si cette messe marquait la fin des Journées Mondiales de la Jeunesse à proprement dit, notre voyage n’était pas encore terminé, il nous restait tant de choses à découvrir.
L’école où nous logions ayant accepté de nous garder deux jours de plus, nous avons pu entamer un partie plus touristique du voyage même si le spirituel n’était pas écarté. Le lundi a été dédié à la visite du zoo de Sydney. Un immense parc animalier accessible par la mer. La vue y est imprenable ! Les kangourous étaient au rendez-vous évidemment et certains les ont même caressés ! Mais il y avait aussi les koalas et les wombats ainsi que toutes sortes d’animaux moins locaux.
Le lendemain, nous avons du dire au-revoir à Chloé, une jeune fille de notre groupe qui s’étant blessée au cours du séjour et étant désormais pour un moment en fauteuil roulant ne pouvait pas poursuivre l’aventure avec nous. C’était une grande tristesse pour nous que de nous séparer d’elle. Elle avait beaucoup apporté comme chacun au groupe et nous aurions tous aimé qu’elle reste jusqu’au bout et qu’elle puisse découvrir Singapour avec nous. Puis, nous nous sommes séparés en divers petits groupes pour visiter plusieurs parties de la ville. Notre groupe a choisit d’aller à la tour de Sydney d’où on surplombe la ville. Puis après un moment de shopping, la rencontre avec un de mes amis australiens, un déjeuner très local chez Macdonald, nous sommes allés à la plage Bondi Beach. C’est la plus fameuse plage de Sydney, où les surfers s’en donnent à cœur joie. Certains du groupe regrettaient d’ailleurs de ne pas avoir de planche. L’eau était évidemment assez froide puisqu’en Australie c’était l’hiver, mais cela n’a pas empêché les garçons de courir et de sauter dedans ! Après beaucoup de rires et une séance photo, nous sommes rentrés à l’école où nous avons avec le reste du groupe préparé nos valises, rangé et partagé notre dernier repas australien.
Dans la nuit, nous avons quitté les lieux, laissant derrière nous des personnes plus que formidable et malheureusement aussi deux membres du groupe. En effet, le père Benoît est resté auprès de Virginie, la mère d’un jeune du camp qui avait des problèmes de santé. C’était encore une fois avec beaucoup de tristesse que nous nous séparions d’eux. Nous nous sommes envolés au petit matin direction Singapour où nous sommes arrivés dans l’après midi. A peine installés, nous sommes allés à la découverte de cette culture tellement différente. Nous nous sommes ainsi promenés dans le quartier chinois. Il faisait très lourd et plutôt humide : cela changeait de l’hiver australien ! Les deux jours suivant ont été dédiés aux visites : le quartier indien, la ville en général, les plutôt rares églises. Nous avons pu rencontrer un prêtre missionnaire français qui nous a partagé son expérience de la catholicité à Singapour. Nous avons même participé à une messe avec quelques jeunes de Singapour rentrés des JMJ et des jeunes du diocèse de Créteil.
Nous avons quitté Singapour le vendredi dans la nuit et sommes arrivés à Paris au petit matin après une dizaine d’heures de vol. Nous avons profité des heures d’attente à la gare pour échanger sur ces JMJ par petits groupes, pour partager ce qui nous avait touché, ce qui nous avait plu ou moins plu. Puis, nous avons pris le train et quatre heures plus tard nous nous sommes séparés sur un quai de gare, très vite. Pas de grands adieux. Nous avons retrouvé pour la plupart nos familles plein de joie la tête pleine de souvenirs !